de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

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Les Beaux Parleurs – 29 novembre

Nathanaël était malade, alors il fallait un remplaçant. Pas de chance, il y avait que moi de dispo :

Plutôt sympa

Darius Rochebin, Pierre Maudet, le rachat du Temps, le documentaire complotiste Hold-up, la rédaction en cheffe de Femina, mon (ma ?) COVID : La période est étonnamment chargée, alors que nous nous étions habitués à ce que le mois de novembre soit aussi morne et vide que nos âmes… en novembre (justement).

Parce que normalement, novembre, c’est un dimanche qui dure 30 jours. Novembre, c’est un orteil qui se prend le coin d’un meuble. Novembre, c’est un masque qu’on a oublié à la maison, alors que l’on s’apprête à monter dans le bus. Novembre, ce n’est pas un film en noir et blanc suisse, mais la critique d’un film en noir et blanc suisse, dans Le Courrier et en noir et blanc.

Mais pas là. Non, jusque là, c’était plutôt sympa. Plus de dix jours à la maison, à se demander à quelle heure on allait commencer à boire. Allez, quand même trois jours de maux de têtes. Mais dur de dire si c’était le/la/les (?) COVID, ou une réponse un peu trop ambitieuse à la question précitée.

Alors qu’il aurait été préférable de tomber vraiment malade. Histoire d’avoir quelque chose à raconter. Et de monétiser la sympathie de mes failles authentiques contre quelques likes. Un peu comme les Instagrammeuses qui font exploser l’engagement de leurs posts quand elles montrent que – scoop ultime – quand on ne se cambre pas en rentrant le ventre, et bien le ventre n’est pas rentré.

Mais non, rien.
Je veux dire, ma plus grande préoccupation de la semaine a été de trouver quelqu’un qui était d’accord d’aller acheter Le Matin Dimanche et de l’amener devant mon pallier (cette personne existe, elle s’appelle Olivier, et elle est super). Pour la sympathie, on repassera.

En plus, depuis la fermeture des restaurants et des bars, je n’ai même plus la force de faire d’analyse de comptoir sur l’actualité. (Bon allez, tout de même, rapide commentaire sur les sujets cités en début d’article :

  • Darius Rochebin : on savait, mais pas à ce point. Le mec, c’est un journaliste OU UN ICEBERG ?!
  • Pierre Maudet : lol.
  • Le rachat du Temps : ça avait l’air bien pour eux, et après on a appris qu’ils allaient devoir bosser à Genève. Les pauvres (renfloués, mais pauvres quand même).
  • Hold-up : déçu de ne même pas avoir la curiosité de regarder le documentaire. Franchement, être testé positif, n’avoir aucun symptôme et ne même pas virer complotiste, c’est presque du gâchis.
  • Femina : Géraldine Savary peut expliquer combien de fois elle veut que le journal sera comme ci ou comme ça, on sera rassuré quand on nous dira si, oui ou non, il craquera enfin moins que le parquet “d’un brocanteur bio qui chine des plaids norvégiens” (à part les mots-fléchés, je ne lis pas trop Femina, je sais pas). Mais quand même :
Mon préféré, du 5 novembre dernier, à propos de la magie des nouveautés bougie : “On craque – sans aucun jeu de mot lié aux allumettes pour les modèles en céramique (…)”

Voilà, fin de la parenthèse actualité.) Oui parce qu’après 809 caractères espaces compris vous avez sûrement oublié que j’avais ouvert une parenthèse. Et vous êtes peut-être en train de vous demander où cette deuxième digression va nous emmener. La réponse est “nulle part”.
On n’est pas dans une émission radio d’Edouard Baer (malheureusement).

Et même mon.ma.mes.mex (??) COVID, franchement, rien de dingue à dire. En plus de boire des verres, j’ai même pu travailler. Parfois en même temps. Comme les restaurateurs en fait, quand ils pouvaient travailler.

Quid du retour à la “normale” ? Bof. Franchement, c’était mieux quand c’était quelqu’un d’autre qui s’occupait de vider le compost (cette personne existe, elle s’appelle ma mère et Valentin et ils sont super).

Ce n’est même pas tellement que je n’aime plus parler de moi. Mais j’ai l’impression que cette deuxième vague est plus usante que la première. Nous ne pouvons toujours pas vivre normalement. Et en plus, nous avons la flemme de vouloir exister.

Avant, on avait au moins l’impudeur d’exister. Au bistrot, à Bali, au stade, en live sur Instagram pour défendre la culture. Mais là ? J’ai l’impression que nous avons carrément plaqué les CDI de community managers de notre propre bonheur.

Peut-être parce que – entre les complotistes, les hôpitaux débordés, le besoin de “sauver Noël” tout en préservant notre santé mentale – il n’y a pas grand chose à faire, à part attendre.
Ou peut-être parce que ceux qui en ont la chance découvrent qu’être posé chez soi, sans pouvoir sortir autre chose que le ventre et une bouteille de rouge, c’est plutôt sympa.

APG, Prix Nobel et VanLife

Vous allez bien ? Ça tombe bien : moi non plus.

Mercredi après-midi, prolongement des APG pour les indépendants : les conférences de presse du Conseil Fédéral sont plus efficaces que son téléphone pour commencer à faire très rapidement de l’argent.

Mercredi soir, passage à la Coop : achat de masques. Maintenant qu’ils ne sont plus inutiles qu’il y en a, autant en avoir. Au retour, porter le masque. Hésiter à acheter une voiture ou à prôner l’immunité collective.

Jeudi matin, prise de conscience que ces nouvelles aides fédérales ne sont pas forcément une bonne nouvelle. En surface, la reprise. Et après ?
Au fond, le “cadeau” du Conseil Fédéral a un petit air de kit de survie pour l’année à venir. Ce qui envoie un drôle de message : Si les gens qui puent de la gueule reçoivent des chewing-gums, les gens qui vont en chier reçoivent des APG.

Jeudi matin encore, port du masque : les chewing-gums seront finalement peut-être plus utiles que les APG.

Jeudi soir, euphorie : envie de tout dépenser. C’est Guy qui régale. On arrose le fait qu’on nous arrose. Ivre, on arrive même à y croire à cette semaine de vacances en Suisse. Après tout, au XXIe siècle, pour avoir l’impression de partir en vacances, pas besoin de voyager : il suffit de croiser d’autres touristes.
Et peu importe si, pour une fois, nous ne sommes pas plus riches que les autochtones (ou alors, il faut passer votre été dans le Jura).

Vendredi matin, l’actualité :

  • Le Montreux Jazz va toucher 3,447 millions de francs (c’est pratique : avec ça, le Montreux Jazz pourra tout juste passer une soirée au Montreux Jazz l’an prochain).
  • Le Paléo va aussi toucher de l’argent, mais on ne sait pas combien. Daniel Rossellat est donc bien de gauche (caviar), ce qui consiste à avoir de l’agent mais à faire comme si ce n’était pas le cas. C’est beau d’être proche de son public.
  • (Mais du coup, le Montreux Jazz est-il de droite ? Et quel festival serait PBD ?)
  • Pierre Maudet n’est toujours pas coupable, d’après Pierre Maudet.
  • Le Conseil Fédéral est parti en course d’école hier soir, avec : “une nuit dans les Préalpes bernoises en compagnie des Prix Nobel Didier Queloz et Michel Mayor, spécialistes des exoplanètes. Comme le ciel était nuageux, il a été difficile aux conseillers fédéraux d’observer les étoiles.” En Suisse, on a des Prix Nobel et on les fait passer une nuit dans le brouillard et les Préalpes bernoises, à se les peler, tout en essayant de montrer la lune à Guy Parmelin, qui regarde le doigt. Pas sûr que nos écoles polytechniques réussissent à endiguer la fuite des cerveaux.
  • Jean Castex a un nouveau job et une page Wikipédia.
  • La RTS a fait un podcast sur le #VanLife. On y apprend qu’il suffit “d’un matelas dans un quatre roues” pour vivre la VanLife. Dormir dans sa caisse, normalement c’est être pauvre. Dormir dans sa caisse sur Instagram, c’est être libre. (Encore un peu de patience, un jour l’humanité disparaîtra).

Sinon, c’est le début des vacances d’été. Ne faites pas étudier vos enfants, ils risquent de finir Prix Nobel (et c’est visiblement pas très fun).
Enfin faites-les quand même réviser un peu. Sinon, ils risquent de finir à dormir dans leur voiture. Ou au Conseil Fédéral.

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