de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

Auteur/autrice : 9h20 Page 1 of 65

Les Beaux Parleurs – 22 janvier

Bilan objectif et analyse pointue de la 52ème édition du World Economic Forum de Davos:

À Bon Entendeur (ABE) – 20 décembre

Est-ce que c’est vraiment pour les autres qu’on donne en fin d’année? Pas sûr.

Les terrains où se joue le destin de la Suisse

Ce mardi 6 décembre, notre pays vivait deux échéances importantes pour son futur: Portugal-Suisse et la nuit des longs couteaux, qui précède l’élection des conseillers fédéraux.

Depuis quelques jours, je n’arrivais pas à savoir s’il valait mieux suivre ce qu’il se jouait au stade de Lusail ou à l’hôtel Bellevue. Dans le doute, j’ai fait les deux.

Je me retrouve donc à 22h, en train d’enfiler un jeans avec encore moins de conviction(s) que des parlementaires mangeant avec des lobbyistes. Depuis mon canapé et mon training, je viens de voir l’équipe de Suisse s’en prendre six, ou un set c’est selon.

Je mets quand même une chemise. Conscient que l’élégance ne s’achète pas, je fais partie de ces gens qui ont les moyens financiers de faire illusion avec un col et des boutons.
Je dis au revoir à Natalie. Le ton est grave: « Ne m’attends pas. Je t’écrirai des lettres. Et si je ne rentre pas, refais ta vie. »
(J’étais célibataire pendant mon armée, on se rattrape comme on peut sur les départs au front pour la patrie).

Je m’en vais, disparaissant dans le froid et la brume bernoise.

Premier constat en arrivant devant le Bellevue : comme Murat Yakin, la presse romande a misé sur un dispositif spécial. Pas de 3-5-2, mais pour Le Temps Marina Rollman interviewe des élus, inventant par la même occasion un nouveau style qui lui convient parfaitement: le micro-palace (c’est comme un micro-trottoir, mais dans un palace).

Pour moi qui ai souvent choisi le Bellevue pour y écrire dans le calme, le choc est de taille: le hall est plein à craquer.
Comme toujours dans ce genre de soirées, je commence par aller me chercher un verre. Cette stratégie offensive me permet le plus souvent de croiser quelqu’un que je connais au bar (coïncidence? Absolument pas).
Si ce n’est pas le cas, je peux compenser mes lacunes en small talk avec un verre de Gin Tonic à la main.

J’essaie de passer par les côtés. Tel un Ruben Vargas du Ginto’, je tente une percée à gauche du bar, finalement payante dans tous les sens du terme, puisque le Ginto’ coûte 23 balles. Si l’aisance ne s’achète pas, son absence se paie cher.

Me voilà donc avec ma chemise et mon semblant de contenance dans le hall bruyant du Bellevue, au milieu d’une foule fédérale. Dans les conversations avec les journalistes croisés sur le chemin du bar, le vote du lendemain est rapidement balayé.

Tout comme l’on n’avait pas imaginé de défaite de la Nati, personne ici n’envisage de surprise: ce sont les prévus qui seront élus. « On ne sent pas la tension du retournement de dernière minute » me dit un journaliste. Comme Schär, Élisabeth Baume-Schneider va être trop juste.

Alors oui, finalement ça n’a pas été le cas. Madame Baume-Schneider a offert une surprise et une bonne nouvelle à la Suisse romande, ainsi qu’une journée historique au Jura.
Mais dans le même temps, nous serons gouvernés par un UDC à l’industrie (et aux idées) fossile(s).
Pas sûr que ce match nul politique compense la défaite footballistique.

Innover en 3-5-2 à la Coupe du Monde, ou ne rien bouger au Conseil Fédéral n’a pas permis à la Suisse de changer son destin. Aujourd’hui, il faut le dire à Murat Yakin et à l’Assemblée fédérale: il aurait peut-être fallu faire l’inverse.

Histoire que le fédéralisme et l’équipe nationale deviennent des machines à fabriquer autre chose qu’une continuité frustrante.

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