Le football n’est plus un jeu. Preuve flagrante hier, avec l’officialisation du transfert de Neymar à Paris. Les terrains ressemblent de plus en plus à des piscines de billets verts, de quoi faire trembler les filets et dresser les poteaux de corner à tous les acteurs de ce marché.

“C’est indécent ! Heu, mais c’est indécent. Des choses pareilles…” 222 millions pour Neymar. On va en parler quelques jours, puis on retournera à la Pontaise, où l’ennui est plus palpable que le fric, pour se rendre compte que nous sommes à des années lumières de ce transfert.

Sepp Blatter doit se mélanger dans son urne (quoi, il n’est pas mort ?), lui qui s’était efforcé de faire des montages financiers dans le feutré. Alors que cette bombe à fric nous explose en pleine gueule et en plein jour.

En quittant Barcelone, l’un des meilleurs clubs du monde, le Brésilien a déclaré : “J’aime Barcelone et la Catalogne. Mais un sportif (moi) a besoin de défis.” Pour Neymar, le défi de : remporter la Ligue 1 ; gagner la Coupe de France et la Coupe de la Ligue ; Perdre en quart de finale de la prochaine Ligue des Champions s’apparente plus à une promenade de santé.

Un peu comme si Kilian Jornet s’attaquait à l’ascension du Petit-Chêne avec un arrêt d’une nuit au campement qu’est l’Alpha Palmier. Pour info, le mec a fait l’Everest deux fois en deux jours. On se réjouit également de voir Neymar convaincre Mike Horn de traverser les bains de Saillon, au lieu de l’Antarctique. Non, le vrai défi serait de rejoindre Djibril Cissé à Yverdon et de ne pas sombrer dans l’alcoolisme.

Et puis ce départ signe aussi la fin du trio magique à la pointe de l’attaque barcelonaise : la MSN (baptisée ainsi par les médias pour désigner Messi-Suarez-Neymar). Alors que l’on parle d’Eden Hazard pour remplacer Neymar, moi je voudrais que ce soit un outsider. Pourquoi pas Thauvin de Marseille ? Rien que pour voir quel titre de presse oserait appeler ces trois mecs la MST en premier. Après les allusions aux piments des Red Hot au Paléo, ça promet.

Ce qui est le plus choquant, c’est que le père de Neymar – à cause d’une histoire de primes – coûte 26 millions d’euros. Rien qu’avec ça, tu aurais de quoi acheter un très bon joueur, ou alors juste des bonbons (4 grenouilles vertes à 5ct) et partir faire des super vacances.

Sinon, tu peux aussi acheter plein de fois l’effectif du Lausanne-Sports. Mais ce n’est pas très utile pour partir en vacances. A moins que tu aimes vraiment les chèvres. Mais dans ce cas autant aller dans le Jura, il y en a plein.

A propos de vacances, Neymar va être grassement payé pour glander et pouvoir dire que ce n’est pas de sa faute si son employeur n’arrive pas à atteindre ses objectifs (remporter la Ligue des Champions). A 25 ans, ce garçon a déjà tout ce qu’il faut pour finir cadre à la RTS après sa carrière de footballeur. Reconversion quand tu nous tiens.

Au fond, même si on trouve tous cela un peu too much, on continuera à regarder du football de temps en temps, “surtout les grands matchs” ou “seulement quand Federer joue”, en tout cas jusqu’au prochain record de transfert battu. Peut-être Yann Marguet sur France Inter, qui sait ?

D’ici-là, redescendons sur la terre des salaires normaux, des passes ratées et des joueurs qui cherchent un club sur Linkedin  (oui, je parle bien du football suisse) : dimanche, le Lausanne-Sports joue contre Berne.

A lundi !