de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

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Lisez, car ceci est mon corps – Fred Valet

J’ai 39 ans. (Comptez jusqu’à 39 à voix haute, listez tout ce que vous auriez pu faire d’intelligent au lieu de compter jusqu’à 39 et réalisez l’ampleur des dégâts.) L’année prochaine, il me sera impossible de lancer une start-up qui fait bander Stéphane Benoît-Godet, de tomber amoureux après minuit, d’imposer un food-truck d’héroïne végétalienne à la Riponne, d’inventer un hashtag, de préférer les petits seins, d’acheter une guitare électrique, de valider la ligne éditoriale de Nouvo sur Facebook ou de prononcer “c’est de la musique d’avenir” sans avoir droit à un bukkake de rires gênés. Parce que si, à 40 ans, on ne sait toujours pas à quoi rime l’existence, on sait au moins qu’on ne sait pas. Sorte de lucidité myope. Et l’autre (toi, eux, ma conscience) n’est pas dupe (ni aveugle). L’expérience, c’est comme un vieux perfecto: une erreur de jeunesse qui a suffisamment vieilli pour être exposée.

[Je te parle comme si tu avais 9 ans, mais comme on m’a dit que ce blog était mineur, je ne culpabilise pas.]

Mon âge, du coup, je l’avale comme un petit-déjeuner tardif composé de tranches de vie sur lesquelles je tartine un savoir migrosdaté. Il m’arrive même de déflorer mes phrases avec “à une époque”, “quand je jouais dans un groupe” ou “j’adorais ce que tu faisais sur Couleur 3”. Quoi de mieux que de relire le passé pour corriger les coquilles du présent? Surtout que, dans mon cas, avoir 39 ans c’est aussi accuser 15 ans de café-clope dans ce qui était autrefois un métier respectable: le journalisme. Quand un fournisseur de contenu était une rédaction. Quand un GIF était une infographie. Quand un algorithme était un angle. Quand un “pour un article société à paraître demain, je suis à la recherche de Jurassiens albinos à la retraite qui ont tout quitté pour devenir mannequins de photo de profil LinkedIn à Interlaken. En DM, merci”était encore une enquête sur le terrain. Quand le rédacteur en chef était encore rédacteur. Quand le journaliste cherchait à protéger son amour propre plutôt que son 13e salaire. Quand on n’opposait pas savoir-vivre et savoir-faire. Quand “nous vous offrons un journalisme de proximité” ne sonnait pas comme “mais je te jure que j’ai pas couché avec ta meilleure amie!”. Quand le “quotidien de référence de Suisse romande” n’éjaculait pas toute son attention sur la campagne de financement participatif de l’échoppe à cupcakes cubain d’un ancien directeur marketing dont la carrière a été bouleversée par la découverte du yoga du rire. Quand faire son travail voulait dire être payé correctement et non le payer cher. Quand il y avait encore des verbes dans les questions des journalistes (Rihanna ou Beyoncé? Steve Jobs ou blowjob? Benjamin Décosterd ou la Slutwalk?) Quand “bon pour la tête” n’était encore qu’une expression à bannir de son vocabulaire. Quand on avait plusieurs raisons d’y croire. Quand la 9e ne nous étonnait pas encore. Quand mon papy crachait sa fierté édentée pour son grand petit-fils au moment de tousser mon métier dans la sauce d’un rôti de veau familial. C’est un fait, la suffisance harcèle mon métier à chaque coin de rue. (La salope.) Je te l’accorde, le journalisme porte en ce moment une jupe à raz l’origine du monde, mais le juge t’a toujours dit que c’était pas une excuse valable.

[Non, Topito n’a jamais été un journal papier à une époque et je sais que tu as tapé “yoga du rire” dans Google.]

Souvent, à l’aube (GMT + apéro de la veille), je regarde mon métier avec le même œil désabusé que ma jolie voisine de 23 ans reluque mon corps. Soyons francs: les voilà tout deux dans un tournant de leur existence respective (*musique orchestrale dramatique, mais en MP3*). À trois différences près: Peter Rothenbühler n’écrit pas sur mon torse chaque semaine, j’accepte encore volontiers les jeunes (076/494.21.49) et mon corps, lui, a beaucoup moins de bide à son actif.

Bref, je vais avoir 40 ans (comme ta mère). La crise de l’âge. Ou l’âge de la crise. Cette crise qui te fait adopter un chien raciste comme une décapotable ou voler Le Matin Dimanche pour déféquer avec Femina. Cette crise qui devrait te pousser à manger, dépenser, dormir, aimer ou créer des médias comme Bastian Baker compose de la folk: dans du cellophane. Cette crise, enfin, qui te fait écrire pour le blog confidentiel d’un opportuniste attachant. Ce gamin à deux clics d’être imbuvable dans sa chemise bleue Crédit Suisse, mais qui a les idées tellement plus longues que ses culottes qu’il te ferait presque espérer la mort de ton métier pour pouvoir lui piquer le sien.

[Oui, être jeune est un métier. Informe-toi auprès de l’ORP le plus proche.]


Régulièrement, le Post de 9h20 accueille d’autres auteurs.

Fred Valet, enfin ! Il ne manquait que lui pour positionner définitivement ce blog en “place to be bobo”. Celui dont on pourrait aisément croire qu’il a été créé à partir d’une côte de Nicolas Rey puis déposé par une cigogne sur la terrasse du Pointu dans un paquet de Parisienne Bleue, est là… en chair, en mots et en punchlines.

Une manière de jouer avec les mots qui étonne autant qu’elle détonne (je ne vais pas essayer plus longtemps, rassurez-vous) mais qui est à l’image de Fred Valet. Si, quand il écrit, les formules fuses et les idées s’enchainent c’est certainement que son cerveau ne lui laisse pas de répit. Sachez que – depuis le début de ce mini-portrait – de nombreuses choses sont passées dans la tête de Fred :

  • 3 questions banales
  • 12 raisons de s’énerver contre l’avenir des médias romands
  • “Que vais-je poster sur mon Instagram ?”
  • 25,2 doutes existentiels
  • “Ça, je le garde pour mon prochain statut Facebook.”
  • 43 envies de clopes
  • 60 idées de dessins de robots

Les questions qui tournent dans tous les sens, sans apporter de réponses qui en donneraient un à la vie. Le vin, un peu mais souvent, pour se rassurer. La clope, beaucoup et tout le temps, pour se donner de la consistance. La peur de soi (“trop intelligent pour s’endormir”) et celle des autres (”va-t-on voir que j’ai une fausse grande gueule mais une vraie timidité ?”). Peut-être que l’on se ressemble un peu.

Il y aurait plein de raison de ne pas prendre son clavier et dire “j’existe”, “je pense”, “j’ai peur”. Chez Fred, ce n’est pas de l’arrogance ni de la confiance, mais de la nécessité. Même ivre, lorsque le cerveau se calme, il ne dira jamais “j’ai été bon”, il dira “au bout d’un moment, tu sais ce qui marche.” Lui sait surtout qu’il est fait pour ça. Ecrire. Non pas pour changer le monde, mais simplement pour y survivre.

Peut-être que l’on se ressemble un peu, au fond. A la différence que moi je trouve que là, il a été très bon.

La Ville est à vous: un drame humain – Coline de Senarclens

Samedi matin, pendant l’installation de la Ville est à vous, le Titanic a coulé en bas de chez moi. J’étais en Première Classe, j’ai donc eu ma place dans un canot. Quant aux autres, certains ont réussi, une fois les grilles ouvertes, à se trouver un rare espace de survie, pendant que les moins chanceux s’agrippaient, gelés, à des morceaux de barrières et aux restes de trottoir pour ne pas sombrer.

Il est 7h09, je me réveille. Un rêve lancinant ma tirée trop tôt, si c’est possible, des bras de Morphée. Tous les effets que depuis 3 jours je prépare à vendre, lavés, repassés, triés, se dispersaient au gré du vide grenier d’aujourd’hui entre les mains de gens qui me volaient mes sacs et mes boites alors que j’essayais d’installer mon stand. Accoudée au lavabo, je regarde mon visage blafard dans le miroir de la salle de bain éclairée par la lueur du jour naissant, je suis prête. J’entends, déjà, au dehors, les voix des ceux qui organisent, montent, travaillent à préparer la journée. On m’a prévenu, il ne s’agit pas d’une partie de campagne. Sa place, il faut se la faire, elle a parfois le gout du sang.

7h32. Je suis dans la rue. Comme je suis résidente, je suis prioritaire pour déposer mes affaires et ma moquette qui servira de démarcation. En silence, quelques privilégiés prennent leur place, chacun regardant les autres avec méfiance. Une dame, de la vaillante énergie toute bénévole de l’organisatrice, court après un homme qu’elle essaie de faire sortir du périmètre car “il n’a rien à faire là” avant l’ouverture des barrières à zéro-huit-cent. Elle est petite mais fait de grands pas dans toutes directions pour invectiver ses collègues sur l’importance de faire respecter les consignes. Depuis mon petit lopin, je me dis que si un jour l’autorité revenait aux citoyens pour faire appliquer la loi, j’irai vivre ailleurs.

Et puis tout est allé très vite, mais ces images resteront à jamais gravées en moi.

7h56. Je me trouve dans l’angle de la rue L. et la rue M. En face de moi, à une centaine de mètres, la rue M. est bloquée par des barrières. A l’extérieur du périmètre s’accumule une masse de gens qui attendent de pouvoir entrer dans la zone afin d’y étendre leur couverture en polaire et d’y vendre des habits pour enfants. Le civil chargé de maintenir l’ordre et la barrière fait admirablement son travail. Pourtant, manifestement, dans la rue parallèle, les barrières ont été ouvertes. Arrive, dans la rue L, à ma gauche, une horde courante et paniquée cherchant une place, alors qu’en face, toujours retenus par des barrières, les pauvres diables sont bloqués et ne peuvent entrer. Déjà il est trop tard. La foule courante arrive jusqu’à moi et envahit la rue M. alors encore presque entièrement libre. A 8h03, toujours retenus par le brave civil zélé mais en retard, les prisonniers de la rue M. regardent, impuissants, leurs voisins prendre jusqu’aux dernières places libres devant leurs yeux. A 8h06 enfin, ils entrent, mais il est trop tard. Il ne reste rien. Une dame tente de s’installer à coté de moi, et je veux l’y aider, mais c’est inutile, l’agent de ville déclame le verdict: elle est en dehors du périmètre autorisé. Elle part, donc, le regard terrorisé, vers d’autres lieux ou elle espère trouver, enfin, un espace de salut.

Nous n’avons pas été nombreux à s’en sortir samedi dernier. A la mémoire de celles et ceux qui n’ont pas eu ma chance, j’aimerais aujourd’hui dire que c’est dans ces moments qu’on voit la vraie nature de l’être humain. Une main tendue, un simple sourire, un regard de détresse, l’intransigeance de l’autorité. Et des rencontres, comme cette dame qui, profitant d’un achat qu’elle n’a pas fait me déclame: “Je suis pas raciste, j’ai un mari africain mais on passe devant des stands ici on sait même pas quelle langue ils parlent et tout est trop cher, voyez cette dame qui voulait me vendre une robe 10 francs.” Il faut continuer à vivre.


J’ai passé une soirée avec Coline de Senarclens et je n’ai pas osé trop parler, de peur de passer pour le “manterrupteur” de base. C’est vous dire si présenter cette militante s’avère périlleux, alors que cela ne devrait pas l’être depuis ma position d’homme blanc bobo hétéro dans une société patriarcale. Mais que voulez-vous ? Quelqu’une qui a qui a co-fondé la Slutwalk (aka la marche de “toutes des salopes sauf maman”) a de quoi intimider. Surtout quand cette femme a peut-être de plus grosses couilles que moi.

Oui, je suis un peu vulgaire, mais cela ne choquera pas Coline qui a écrit un essai sur le Slutshaming titré “Salope!”, et qui n’hésitait pas à se définir comme une emmerdeuse dans la douche froide de Jonas Schneiter. Coline et les médias, c’est d’ailleurs une grande histoire. Chroniqueuse pour Les Beaux Parleurs, elle est aussi appelée pour donner son avis dès qu’il faut parler de féminisme.  Une situation qui l’a rapidement placée dans la position de LA féministe qui n’a pas la langue dans son sac à main, PUISQUE PAS TOUTES LES MEUFS ONT DES SACS À MAIN, OK ?

A force d’être questionnée sur les mêmes thématiques, difficile de voir le monde sous un prisme autre que celui du genre et de la condition des femmes. Une posture militante qui inspire certainement autant qu’elle énerve et dont Coline semble se libérer. Partie de son poste de chargée de projet au bureau de l’égalité à l’Université de Genève, elle s’ouvre à d’autres défis, comme Les Dicodeurs (ou les vide-greniers).

En hommage à Coline, je vais finir ce portrait en toute sincérité et sans mâcher mes mots : en vrai, je crois que c’est un chaton.

L’attentat des peureux – Sophie Grobet

Il y avait ce type debout avec son sac de sport à ses pieds, deux filles qui parlaient fort, trop fort, des chinois avec leurs écouteurs dans les oreilles, un hipster bien coiffé, quelques vieux assis et moi.

Un type est arrivé et m’a demandé si j’avais l’heure. Je lui ai répondu que je n’étais pas tellement du style à porter une montre, mais que j’avais un téléphone, et que lui aussi d’ailleurs il avait un téléphone, il était dans sa main, alors, l’heure, je la lui donnais volontiers mais sa question elle avait plus un air d’excuse que de vraie interrogation.

Il m’a dit : “c’est vrai”, et moi j’ai dit qu’il ferait mieux de travailler ses phrases d’accroches s’il voulait ramener des filles chez lui. Il m’a dit qu’il n’aimait pas les aventures d’une nuit, qu’il était plutôt aventure d’une vie, j’ai dit que c’était déjà plus accrocheur et là… Là, j’ai réalisé que c’était drôlement silencieux dans le métro. Un peu trop. Silencieux, genre le calme avant la tempête.

Je cherche le problème. J’observe. Soudain, je comprends. Le mec au sac de sport est sorti, mais le sac est toujours là. On pourrait jurer, à la tête des filles, des vieux et des chinois, qu’on entend le tic-tac venir du sac. Ce tic-tac qui fait écho aux secondes qu’il reste à vivre, aux heures écoulées. Ce tic-tac des premiers amours et des cœurs brisés, des rêves en vrac, des nuits terrifiantes et des matins insouciants. Ce tic-tac des “j’aurais dû”, des “j’aurais pu”.

Ils se demandent tous ce qu’ils doivent faire de ce sac, ce qu’ils doivent faire dans ce métro, ce qu’ils auraient dû faire de leur vie peut-être. Ils s’observent. Personne ne dit rien mais les regards crient. Ca me fait sourire, parce que j’aurais été prête à parier que si c’était moi qui avait oublié un sac, quelqu’un l’aurait ramassé et probablement ramené aux objets trouvés, avec ou sans son contenu, mais quand même, ça n’aurait pas déclenché une pareille guerre du silence. Mais cette fois, parce que c’était un homme je crois, et parce qu’il portait une barbe c’est sûr, une longue barbe, de celles qui font peur apparemment, ce sac a remis la vie de tout le monde en question.

Malgré l’ambiance furieusement désagréable, je me suis dit que ça avait quelque chose de beau, ces inconnus qui s’unissent soudain. Le sentiment m’est vite passé. Les murmures ont commencé à se faire entendre. Les gens qui ont peur disent souvent des choses qu’ils ne pensent pas. Ou plutôt : des choses qu’ils ne pensaient pas dire. Un courageux anonyme a sorti son téléphone, genre laissez-moi faire, j’ai les choses en main : “Oui bonjour, il y a un sac abandonné dans le métro, on arrive à Jordils.”

J’y crois pas, il a appelé les flics. Ca n’a pas tardé, ils nous attendaient à la prochaine station : “Gardez votre calme mesdames et messieurs.” Moi je trouvais que j’étais assez calme, mais enfin bon j’ai pris une grande inspiration, de celles qui insinuent qu’on n’est plus calme pour très longtemps, parce qu’il n’y a pas à dire, la peur et la pointe d’excitation malsaine qui se mélangeaient sur le visage de mes colocataires éphémère du métro, ça m’a tendue.

L’arrogance des agents / super-héros qui avaient “la situation sous contrôle”, avec leur chiens et leurs vestes bleues et leur brushings impeccables, ça ne m’a pas détendue. On confond souvent confiance et arrogance parce que l’arrogance c’est plus facile. Mais eux, ils étaient surtout arrogants. “Sortez tranquillement, mesdames et messieurs.”

Alors je suis sortie, tranquillement mesdames et messieurs. J’ai regardé tout ce beau petit monde délimiter un périmètre de sécurité, puis utiliser des outils divers et variés pour analyser le sac et finalement je les ai observés l’ouvrir : il y avait dans ce sac de sport, à la surprise générale, des habits de sport.

C’était terminé. La tension avait disparue, le suspense s’était envolé, il ne restait plus que le trouble. Le trouble de se dire qu’on est des abrutis, qu’on est l’essence même des clichés qu’on critique le vendredi soir avec nos beaux-parents autour d’un verre de rouge. Alors ce serait vous mentir que d’affirmer qu’il n’y a pas eu une seconde où je me suis dit : “si je meurs maintenant, c’est quand même con.” La peur est contagieuse.

Mais ce qui m’a terrifiée, c’est l’effet que peut avoir un sac sans propriétaire dans un lieu public. Je vous dirais bien d’éviter les amalgames, et tout ça et tout ça, mais je crois qu’on n’en peut plus d’entendre tout ça et tout ça. Et je crois que de toute façon, malgré nous peut-être, ces amalgames, on les fait quand même. Alors je vais simplement vous dire : s’il vous plaît, pour le bien-être général, arrêtez d’oublier vos affaires dans le métro.


Régulièrement, le Post de 9h20 accueille d’autres auteurs.

On ne les voit pas, ces gens qui marchent dans la brume du quotidien. L’individu n’existe plus quand il avance dans le brouillard d’un métro, d’un bus ou au milieu de la masse morose de la foule. Là, tout le monde ressemble à tout le monde et personne ne parle à personne. Dans les matins tristes de la semaine, il y a certainement Sophie, en route vers son stage d’avocate ou de retour de son job à l’ONU.

Tu la vois sourire, comme ça pour rien. Comme si elle était optimiste ou juste bête. Tu te dis ça, mais en fait elle sourit parce qu’elle croit en tous ces gens qui l’entourent. Ou elle aimerait y croire : ce texte en est la preuve. Sophie doit se dire, le soir en s’endormant, que l’humanité c’est pas mal, Sophie écoute FAUVE et Damien Saez pour être un peu cynique quand même, Sophie est parfois mélancolique, mais seulement dans ses textes. Sophie est drôle, aussi dans ses textes. Sophie te propose d’aller boire une bière mais commande un jus d’abricot.

En fait, tout le monde devrait aller boire un jus d’abricot avec Sophie.

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