de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

Auteur/autrice : 9h20 Page 44 of 70

Stades ou cimetières ?

Alors qu’en Suisse, c’est Christian Constantin qui secouait le monde du football (et un ancien entraineur), au niveau mondial on reparle du sort des travailleurs immigrés qui construisent les stades pour la Coupe du Monde 2022 au Qatar.

Enfin, ils construisent les stades… Les responsables des chantiers et Emmanuel Macron doivent quand même se dire qu’ils sont aussi pas mal occupés à faire des trucs de feignasses, comme par exemple mourir au travail ou ne pas bosser “de 11h30 à 15h00, entre le 15 juin et le 31 août” lorsque les températures peuvent atteindre 50 degrés, selon une nouvelle loi en vigueur au Qatar. Loi très pratique, puisque si le 14 juin à 11h30, il fait 55° C, tu bosses et tu peux aller te faire cuire un œuf sur tes demandes syndicales ou le corps toujours chaud de ton collègue décédé (avec 55° C, easy même plusieurs heures après). Sinon, tu pourrais partir, si on ne t’avait pas confisqué ton passeport.

Donc, le plus simple c’est de continuer à bosser, tout en espérant ne pas mourir. Parce qu’il y a eu genre beaucoup de morts. C’est un peu comme l’âge de Michel Drucker, on sait que c’est beaucoup, mais pas précisément combien (cet homme nous enterrera tous). En juin 2015, certaines ONG évoquaient déjà 1′200 décès, alors que le Qatar a déploré une première perte “liée au travail sur un chantier” en… octobre 2016. Avec de tels écarts, ils feraient mieux d’accueillir les championnats du monde de gymnastique.

Cela dit, je pense qu’il faut faire confiance. On ne peux pas planquer 1′200 corps comme ça. Ou alors, il faut réserver plein de sièges sur un vol de Malaysa Airlines, mais ça coûte cher. Et vu les salaires (on parle d’une sacrée fourchette, entre rien et… 57 centimes d’euro de l’heure) pratiqués ce ne doit pas être la politique de la maison.

Ou alors, on comprend aisément pourquoi l’idée des stades démontables a été abandonnée. C’est comme avec la caisse de mon chat, quand tu n’as pas touché au truc depuis longtemps, il vaut mieux ne pas trop creuser. A part si tu veux que ton stade se transforme en cimetière, avec des vrais morts, et non pas des mecs en short qui jouent la mort, à chaque contact, mais aussi bien que Marion Cotillard.

Mais pour revenir à ces histoires de travaux, c’est vrai que l’été ce n’est pas la bonne période pour être dehors, en plein soleil qatari. Chose à laquelle on avait pas trop pensé non plus au moment d’attribuer la Coupe du Monde au Qatar. Puisqu’à l’époque, plusieurs solutions avaient été envisagées pour ne pas que les footballeurs souffrent de la chaleur (c’est quand même plus fatiguant de courir dans l’herbe que de construire l’herbe et les gradins climatisés). On avait notamment parlé de la construction d’un nuage artificiel qui survolerait les stades pendant les matchs :

Ce qui, sur une échelle de 1 à regarder top chef quand on a faim, semble être assez haut placé pour que l’on puisse appeler ça une belle idée de con.

Quelqu’un a dû s’en rendre compte, alors on a décidé de jouer les matchs du 21 novembre au 18 décembre 2022. Si on avait poussé le concept un peu plus loin, on aurait pu aussi changer de pays (genre aller en Finlande), remplacer la pelouse par de la glace, les crampons par des patins et appeler ça les championnats du monde de hockey.

Mais maintenant, tout va changer :

Enfin, ça va bouger. Un pays, ou l’ONU, a dû dire “ça suffit”, avec la fermeté du fessier de Chuck Norris, et la FIFA a eu peur. Ou même si ce ne sont pas les pouvoirs politiques, c’est peut-être un sponsor qui n’a pas voulu que son image soit associée à ces méthodes. Mais oui, c’est sûr les choses vont changer.

PARCE QUE C’EST UNE ONG ! Les ONG c’est ce mec au début du film d’horreur qui dit “je suis pas sûr qu’il reste des piles dans la lampe de poche, il faudrait voir, avant d’aller dans cette grande forêt lugubre”, c’est le maigre avec des lunettes qui chuchote “arrêtez, sinon je dis tout à la prof” : on ne les écoute pas, puisqu’on sait qu’ils vont mourir avant tout le monde ou se prendre un coup de poing sur le nez et les lunettes avant d’avoir pu nous les briser trop longtemps.

Là, j’ai bien peur que cela ne change rien. Mais c’est pas grave puisque la FIFA, c’est comme le club de Zumba de Bioley-Orjulaz : c’est une association à but non lucratif. Donc des gens gentils qui n’ont pas peur du ridicule.

Croyez-moi, il y a de quoi danser. Puisque ce n’est pas la FIFA qui s’occupe de tout cela. C’est pour ça qu’il y a un comité dont le rôle est de tout organiser et de payer (plus en pots-de-vin pour l’attribution qu’en salaires pour les ouvriers visiblement).

Ah mais on oublie tout avec le spectacle. On aime bien se faire dribbler le sens critique par les stars de la Coupe du Monde : Messi, Ronaldo, Neymar et Yannick Paratte. Enfin ça, c’est si la RTS peut encore s’aligner sur les droits TV qui sont toujours plus élevés. Au pire, on ira regarder les matchs dans une Fanzone au nom d’assurance, sur un grand écran Samsung et en buvant une Heineken ou un Coca-Cola payés avec nos MasterCard.

Finalement, le football professionnel, c’est comme l’historique internet de tes parents. Il vaut mieux ne pas trop fouiller pour éviter les surprises et déceptions.

Et pour ceux qui en ont marre du fric, des stars et des paillettes, et bien il reste le Lausanne-Sports qui – on l’espère – va mettre une paire de claques et un coup de pied au cul du FC Sion ce soir.

A demain !

Ajoutez un titre non-clivant

A mon grand étonnement, certaines personnes n’apprécient pas ce blog. Je l’ai découvert dernièrement, grâce à quelques commentaires fleuris qui font décidément la magie d’internet.

Quelle surprise, pour moi qui m’étais habitué à des louanges sur le récit de soirées bobos. Et bien visiblement, il faut croire que certaines de mes formules plus récentes étaient aussi déplacées que des Portoricains avant un ouragan.

Il faut dire que le sujet était épineux et qu’il y avait autant de risque de happy ending que pendant un massage dans un fauteuil électrique ou que dans une vidéo de fail qui commence comme ça :

La fin ne va pas vous surprendre

  

Et puis, étant prêt à dormir dehors pour que l’on me reconnaisse dans la rue, je crois que déplaire est un retour de bâton mérité. Me faire traiter de “petit crétin” avec des intentions malveillantes – pour une tournure lue de trop près (c’est quand on manque de recul) – un peu moins.

Forcément, j’étais sous le choc. Je sais rire de moi (la preuve, je me trouve très drôle), mais là, ça allait un peu loin. Samedi, j’ai donc demandé en urgence à une amie – Christiane Fictive – de boire un café avec moi pour savoir quoi faire.

Après avoir entendu mes mésaventures, elle s’est raclée la gorge, et elle a dit :

– Mais enfin Benjamin, c’est pas prudent de sortir des phrases comme ça… Surtout avec des idées aussi courtes. Alors, je ne dis pas que c’est de ta faute, mais bon. Faut être un peu lucide. Tu sais que c’est dangereux internet, avec tous ces commentaires haineux. Et, toi, tu te pavanes avec ton blog. T’as déjà eu de la chance de pas t’en être pris une après l’article chez Fred Valet, tu vas pas te plaindre sur ce coup.

– Ok, mais je fais quoi ? Je réponds pas ?

– Ben non. Ça ne va que faire empirer les choses. Allez mon p’tit gars ça va aller. Au fait, tu ferais pas un article sur moi ?

Je suis rentré chez moi avec un léger sentiment d’injustice. Oui, parce que soyons d’accord : il y a bieeeen plus grave que de se faire insulter sur internet pour un malentendu.

Non, ce qui était plus fort, c’est l’envie de répondre. Je bouillonnais d’idées de vannes à faire au 5ème degré pour poursuivre l’expérience. Parce que derrière un écran, je suis un obsédé provoctuel : Parfois, je fantasme de construire une fourmilière autour de mon pied, rien que pour pouvoir mettre un coup dedans ; j’ai envie de faire un feu sous mes bouteilles d’huile uniquement pour l’éteindre avec de l’eau (ne faites pas ça chez vous, surtout si vous tenez à votre appartement et à vos sourcils. Parce que finir SDF avec une tête de con, ce n’est pas l’idéal.)

Ça, c’était samedi, et me voilà à tête reposée cet après-midi. Je retire une leçon de cette histoire :

Ecrire des articles de blog en essayant d’éviter de froisser n’importe quel malentendu, c’est assez chiant. Certes, il ne faut pas blesser pour faire mal, mais plutôt se piquer pour jouer, tout en restant subversivement correct. Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas compris, c’est ce que j’essaie de faire (#JeanClaudeExplicite1erDegré).

Je suis aussi convaincu que l’humour existe, même quand on a des idéaux et que l’on milite pour ceux-ci. L’empathie et le calme font du bien (je l’ai appris en écrivant cet article) tout autant que s’énerver peut énerver, voire même décourager celles et ceux qui soutenaient nos idéaux.

Tout comme je suis sûr que le concept d’égalité entre violets et bleus ; mouches et pucerons ; fétichistes de pied et amateurs de vidéos amateurs ; gluten et friperies ne peut devenir concret qu’à force d’essayer de vivre ensemble.

Oui, c’est chiant de dire que le bien c’est bien, d’écrire sur la pointe des doigts, d’hésiter à mettre des alarmes *** ATTENTION deuxième degré ***, de se retenir de faire des vannes, de s’inventer une amie au nom nul pour montrer que tout ceci est faux, ou encore d’avoir l’impression que la fin de son texte ressemble à une fiche de lecture justificative.

Désolé donc d’être ennuyeux, promis demain j’arrête et je reviens mettre des cailloux dans vos chaussures. Mais aujourd’hui, j’arrive en paix et j’espère ne pas repartir la queue entre les jambes.

Ah, et sinon rien à voir avec le sujet, mais je suis retombé sur cette vidéo et j’ai ri :

Humeur du jour

Bon, en vrai, je travaille. On en reparle demain.

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