de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

Auteur/autrice : 9h20 Page 39 of 70

Mon premier placement de produit

Alors oui, ça fait blogueuse Lifestyle au compte Instagram aussi dopé qu’un poulet aux hormones, mais il faut que je vous explique. Certains d’entre vous connaissent mon goût très prononcé pour l’alcool un mode de vie hédoniste. Mode de vie qui pose parfois problème, plus le matin d’après que le soir-même.

Ah, on oublie que ces after work, sont surtout des before quelque chose à faire, le lendemain. Le soir, tu es invincible, tu as quelque chose de Superman en entrant dans chaque bar. Mais le lendemain tu te réveilles en Clark Kent, un slip sur le jean et la tête sens dessus dessous. Et tu réalises vraiment que tu as abusé, parce que même ta transpiration doit être plus alcoolisée qu’un shoot de Xuxu.

Partant de constat fort, il reste deux options possibles : se raisonner pour de bon ou trouver un moyen d’être en forme le lendemain. J’ai essayé la première, vraiment. Mais je crois que j’ai dit autant de fois “plus jamais…” que “apéro !” Dès lors, difficile de croire que le changement c’est maintenant.

Alors quels moyens appliquer pour être en forme le lendemain ? J’ai tout essayé : l’eau avant d’aller dormir, l’eau au réveil (l’eau en soirée, jamais en revanche), manger un kebab salvateur, faire du sport, soigner le mal par le mal… Le plus efficace reste un training, Netflix, annuler tous ses impératifs de la journée et attendre que ça passe, assis sur le canapé derrière un plat de pâtes et à côté d’une bonne dose de manque d’estime de soi. Ça marche mais ça prend quand même 12h minimum.

C’est pas faute d’avoir cherché…

 

Mais il semblerait que des gens aient créé une boisson, avant de la transmettre à une boutique lausannoise. La gérante a passé la nouvelle à une amie, qui m’a filé l’info. Me voilà donc en possession d’un échantillon de liquide miracle offert par Cloud Social Club.

Alors derrière cette démarche pas du tout impressionnante, se cache une vraie cohérence. Déjà parce que la première personne que je risque d’influencer avec ce test de produit, c’est moi-même. Je peux te dire que si ça marche, mais j’en achète une caisse entière. Soyons lucides, j’ai de la peine à influencer mon destin, je ne vois pas comment je pourrais vous faire acheter un truc dont vous n’avez pas besoin.

Bon, après je sais que certains d’entre vous confondent parfois le mardi soir avec le vendredi soir et l’apéro du samedi avec un remake alcoolisé de la bataille de Verdun. Déjà, si ce n’était pas le cas, je boirais avec qui ? Alors il ne s’agit pas de dire “c’est en accord avec ma communauté” puisque cette phrase me donne envie de m’ouvrir les veines avec un #SwissInfluencer et que ça n’a aucun sens.

Nous, l’idée c’est juste d’aller boire des verres, en fait.

L’appartement aux trois mâles non-castrés n’est plus

Ce matin, je suis allé amener mon chat chez le vétérinaire pour qu’il se fasse castrer. Je l’ai laissé à la dame en Crocs (ces chaussures font autant de mal à l’image du corps médical en général que de bien aux pieds de ceux qui les portent. Parce que OUI, brisons un tabou ! C’est comme le plaid kangourou, avec ça tu as l’air d’être très con, mais tu t’en fous parce c’est aussi très confortable). Donc j’ai laissé Bojack à la vétérinaire avec le sourire satisfait de celui qui pense “sans rancune pour la tapisserie du salon, la poubelle à papier renversée et les marques de griffures. A tout à l’heure mon petit, amuse-toi bien.” Promis, un jour je serai quelqu’un de bien si je ne me fais pas assassiner par un antispéciste d’ici-là.

Ainsi, mon appartement ne sera plus ce royaume de la testostérone où ça sent le mâle marqueur de territoire qui pisse sur la PS4. Enfin, il reste mon colocataire et moi, qui marquons notre territoire à grands coups de poils dans l’évier et de vaisselle pas sortie de la machine, mais nous n’avons jamais poussé l’ivresse jusqu’à uriner sur la console du salon.

J’ai bien senti qu’avec toutes ces histoires de harcèlement, les questions que cela soulève sur la virilité et la domination masculine, il était temps de castrer mon #Matoo (et accessoirement de ne plus jamais tenter de jeux de mots).

Et puis, en l’amenant un lundi matin chez le vétérinaire, j’ai appris une grande leçon de vie à mon chat : le lundi est souvent une de ces journées nulles, où la vie ressemble à un post Instagram d’Alain Berset. Tu sais que quelque chose cloche, tu aimerais pouvoir faire quelque chose là contre, mais tu as la flemme de réagir vraiment.

#KeryJames #UtiliserLesMotsThugEtHoodQuandOnEstConseillerFédéral #FumerUnJointAvecSonChargéDeComm’ #StartedFromFribourgNowWe’ReInPalaisFédéral

  

Mais que se passe-t-il ?! Alain Berset semble de plus en plus désorienté, déjà qu’il avait confondu la droite avec la gauche sur la question de la caisse unique. Là on en arrive au selfie vitrine, qui n’est que la version SDF du selfie salle de bain. Ajoutez à cela la tenue et les hashtags de rappeur… Dans 6 mois il nous sort un feat. avec Maître Gims.

Ce côté sombre contrebalance avec une autre photo, postée quelques jours plus tôt :

Oui, j’ai liké. Mais que voulez-vous, se retrouver dans les mêmes pissoirs ça créé des liens.

Une photo, dont le commentaire de la RTS nous rappelle que le community management n’est pas un métier facile. Avant “NoBillag”, entre neutralité journalistique et attitude “fun” sur les réseaux sociaux, je ne suis pas sûr que confier le compte Instagram du service public à un enfant de 6 ans soit la meilleures des idées, mais enfin.

Alors d’accord, les chats sont mignons (même sans couilles) et plutôt malins : comme les blogueurs à la bourre pour finir leur article avec une conclusion potable, ils trouvent toujours un moyen de retomber sur leur pattes.

(Re)prendre son clavier et de l’âge

Plus alimenté et laissé à l’abandon, ce blog est devenu un endroit sombre qui sonne creux. C’est bien simple, on se croirait dans la vie sexuelle d’un étudiant de l’EPFL. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien s’ils ont autant de motivation pour inventer des robots, qui sont leur seul espoir de se frotter à quelque chose de plutôt vivant durant leurs études.

Je tiens mon engagement d’un post par jour à 9h20 aussi bien que l’alcool quand j’avais 16 ans. Navré. Mais si j’écris peu, c’est que je travaille. Et quand on est rédacteur indépendant c’est plutôt bon signe.

Et puis, il y a peu d’article, parce qu’il n’y a pas grand chose de folichon dans mon quotidien dernièrement (en même temps, quelqu’un qui utilise l’expression “folichon” ne vit que très rarement des trucs ouf).

Vendredi soir, je devais sortir mais la soirée a été annulée le jour-même. Netflix me faisait de l’œil et je fantasmais sur les courbes de mon canapé alors j’ai décidé de rester chez moi et de me coucher tôt. Oui, j’en arrive au point où une fois que j’ai enlevé mon pantalon je ne ressors plus, même si c’est vendredi et qu’Emily Ratajkowski me propose d’aller boire une bière au Great. En même temps, ça a très peu de chance de se produire, elle déteste le Great.

Le jour-même j’étais allé faire des courses. Toujours pas folichon. Le contenu de mon cabas ressemblait à l’autopsie de la vie tristement ordinaire d’un mec qui utilise l’expression “cabas”. C’était tout aussi passionnant que le making-of d’un documentaire sur les doubles mentons. A tel point que j’ai senti le caissier compatir et regretter que son étalage ne propose pas chewing-gum goût Lexomil. Je crois que devant mes rouleaux de PQ et mon nettoyant universel, il a eu envie de me refiler le numéro de son psy.

Voilà pour mon vendredi, signe avant-coureur d’un vieillissement qui se confirme. Hier soir, j’ai fait une fondue à la maison. Je me suis endormi sur le canapé à 2h du matin devant mes invités. Au réveil, je n’avais même pas de bite dessinée sur le front. Ça me rassure de voir que je ne suis pas le seul à vieillir. Oui parce qu’avant on a parlé culture et politique. Le genre de discussion où tu sors des trucs comme de “Attention, je ne tiens pas ce discours-là”, “fourvoyer” et tout un tas d’autres expressions que je ne comprenais pas quand mes parents invitaient des amis à la maison.

Ce matin, je suis tombé sur ce post.

Autre signe : je me suis dit que les jeunes ne savaient plus écrire. Après je me suis dit que cétez une remark de vieu.

Et me voilà en train de vous en parler ici, avec la posture pathétique du type de 25 ans qui dit qu’il devient vieux. En y repensant, il y a 10 ans j’étais bête (mais encore jeune) parce que je pensais avoir tout compris à la vie. Maintenant je me crois vieux, alors que pas du tout.

Je n’ose pas imaginer de quelle manière je vais être imbuvable à mes 35 ans.

Page 39 of 70

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén