À défaut de ne pas en parler, essayons au moins de ne pas le mentionner, ça nous fera deux minutes de pause.

Cette fin de semaine commence à ressembler aux 15 premières secondes d’un casting pour un rôle féminin avec Harvey Weinstein : en apparence, tout est normal mais on sent bien qu’il y a quelque chose qui va déconner.
Je suis réveillé depuis 6h ; c’est la preuve que ça ne tourne pas rond.

L’actualité est passée des médias à nos corps. Doucement, elle est entrée sur nos listes de courses et s’est imposée dans nos discussions. Maintenant elle commence à nouer nos gorges.
Moi qui trouvais que le monde médiatique rebraquait trop rapidement ses projecteurs, je découvre que le martèlement ne me convient pas non plus. Le sujet est omniprésent, comme la Fête des Vignerons en son temps. L’annonce du déficit arrive juste un peu plus vite.

Dans un monde de zapping virtuel, rester bloqué sur la même chaîne finit par être flippant. Et là, en plus, la chaîne ressemble à BFM TV. Partout. À la machine à café, autour d’une bière, avant le sport, sur les réseaux… Sur mon Facebook, les perpétuels indignés (contre l’Etat, les étrangers mais aussi les racistes et la cohérence, visiblement) sont passés d’une indignation due à un excès de zèle à une indignation due aux écoles encore ouvertes. Les indignés de mes réseaux n’ont pas d’enfant, je crois.
Encore plus symptomatique de l’ampleur de la situation, les humoristes sont passés des blagues aux messages de prévention.

Je sens bien qu’il faudrait parler d’autre chose. Mais “autre chose” est annulé. Et “autre chose avec plus de 300 personnes” risque bien de l’être aussi, dès cet après-midi. Pourtant, les gens ont besoin de ces autres choses. La preuve, avec les articles plus lus du site de 24 Heures. (Pour une fois qu’un titre genre “LE 5 VA VOUS ÉTONNER” n’est pas usurpé) :

Et même quand on parle vraiment d’autre chose, on ne peut pas s’empêcher d’y penser :

Donc bon, quelques réjouissances de niche et autocentrées :
Depuis que Netflix produit de la télé-réalité (Love is Blind), j’ai commencé à en regarder. Avec le même argument con que tous mes proches qui le faisaient. “Non mais c’est juste pour voir comment c’est con, hein.” Argument qui marche aussi si vous suivez des infleunceures/euses, comme Agathe Auproux, sur Instagram.
C’est bien la preuve que le jour où Netflix se met un produire un programme qui rassemble tout ce que je ne supporte pas, je le regarderai quand même. Et vous m’entendrez dire qu’il faut absolument voir la saison 2 de “Si j’aurais voter UDC : raifort, mon nez de profil et les gens qui marchent lentement. Mike Horn.”

Autre motif de réjouissance : je vais pouvoir tester ma cocotte Le Creuset avec un ragoût, tout en écoutant un podcast de France Culture.

En fait, je crois que je commence à comprendre pourquoi je flippe un peu : si je regarde mon mode de vie, je suis dans la tranche d’âge des personnes à risque.
Je me suis réveillé à 6h ; je vous avais bien dit que quelque chose ne tournait pas rond.