de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

Auteur/autrice : 9h20 Page 53 of 70

Max et Lili ouvrent un blog

 

Depuis quelques jours, une question me turlupine (alors non, en effet, pas d’intro aujourd’hui : on attaque directement avec une expression complètement ringarde. Je pète le feu ce matin, entre cocaïne et poudre de perlimpinpin) :

Que deviennent Max et Lili ?

Si l’on peut aisément supposer que, de son côté, Petzi continue à bouffer des crêpes et à prendre des bateaux avec des poissons (et un max de drogues), les aventures des deux jeunes enfants étaient carrément moins monotones. D’ailleurs, pour celles et ceux qui ont adoré les BD de cet ours étant petits, n’en rouvrez jamais une. En fait, nos parents n’ont jamais osé nous le dire mais c’est une daube monumentale sans plus d’histoire qu’un club comme le PSG (on est content, on va quelque part, on est content, on devient pote avec les animaux du coin, on est content, on rentre manger des crêpes, on est content).

Ivre, il invite un poisson sur son bateau

Alors que, d’autre part, Max et Lili sont passé par tous les états. Presque pire que les habitants du quartier où se passe Plus Belle la Vie. Seul endroit de Marseille où tu peux choper une maladie vénérienne et croiser ton père caché et un alien en sortant acheter ton pain.

Je me rends compte que mes parents m’ont appris qu’il ne fallait pas suivre un inconnu dans la rue, tout en me laissant lire les aventures des deux enfants les plus flingués de l’histoire de la littérature. Après avoir volé des bonbons, Max n’a pensé qu’au zizi et Lili a été harcelée à l’école. A l’heure qu’il est, ces deux doivent être à la recherche d’un thérapeute capable de les soigner. Les 115 histoires publiées ne sont certainement que la partie visible d’un iceberg de traumatismes névrotiques inénarrables (Lili découvre l’historique de papa, Max regarde des vidéos de l’EI sur youtube, etc).

Tu m’étonnes…

Pour que l’œuvre soit complète, il faudrait que l’on puisse voir comment ils se sont construits (ou pas) en tant qu’adultes après une enfance aussi pétée. Par exemple :

– Max arrête ses études et veut devenir comédien. Pendant quelques années, il alterne entre pièces mal payées et projets gratuits pour des potes. Pour gagner en sécurité, il finit par prendre ce job alimentaire chez un assureur. Il abandonne ses rêves d’artistes pour entretenir une metteuse en scène qui l’aime tout autant que son revenu fixe. Elle finit par le tromper et partir. Dépressif, Max ne finit pas mieux que quadragénaire célibataire, conseiller en clientèle privée, avec un salaire brut de 5′234.-, un appartement triste et une bagnole grise, juste assez grands pour son léger embonpoint. Il est incapable de tomber amoureux d’une autre femme que sa sœur (un tel vécu, ça crée des liens) qui s’est éloignée de lui, parce qu’il “manque d’ambition”. L’aventure dans sa vie se limite à aller une fois par mois aux putes et à lire Michel Houellebecq. Il mourra seul et triste

– Lili finit l’école. Elle commence des études de graphisme, abandonne pour ouvrir un foodtruck, abandonne, puis reprend un bar sans gluten, abandonne, puis lance un café végane et abandonne pour ne pas faire faillite. Elle part pour un voyage initiatique au tour du monde, avec un sac à dos mais sans argent ni rasoir. Elle reviendra avec des poils sous les bras, une nouvelle mentalité (“libérée de la société de consommation”) et un mec un peu chelou qui est musicien/G.O de Club Med/producteur (on ne sait pas de quoi). Finalement, le mode de vie occidental la rattrape. Elle largue son copain, qui est en fait plus producteur de vidéos amateur que de joueur de ukulélé. Elle cherche un travail dans l’événementiel, avant de finir assistante marketing chez PMI, PLR et incapable d’aimer autre chose que son compte en banque et les sacs à main. Elle enchainera les aventures d’un soir, par peur d’avoir un enfant et qu’il vive les mêmes traumatismes qu’elle ou qu’il devienne youtubeur / influenceur. Même si elle aurait rêvé d’être connue. Elle mourra avec un chat et persuadée d’être heureuse.

A côté de ces deux, mes traumatismes juvéniles ne risquent pas de faire des best-sellers pour enfants. Entre Benjamin rentre bredouille de sa première boum, Benjamin se rend compte qu’un de ses potes est de droite et Benjamin ouvre un blog pour se lever le matin, raconter une traversée Lausanne-Evian avec la CGN et un repas à la crêperie d’Ouchy serait plus palpitant.

A lundi !

Précis de défense en milieu littéraire – par Quentin Mouron

Je ne connais rien de plus assommant, de plus vain, de plus grossier qu’une « manifestation littéraire. » Ce que l’on nomme la littérature – plus par habitude que par conviction – en est à peu près absente. L’art se perd dans l’attroupement, se dilue dans l’effet de masse. Le génie cède le pas aux petitesses : rancunes, jalousies, haines sourdes, blessures d’ego.

On s’y serre dédaigneusement les mains, on prononce des paroles vagues, aériennes, sur le sacerdoce de l’écrivain ou le monde qui va mal, qui ne lit plus, qui n’achète plus nos livres (car le monde achète toujours des livres, mais qu’il n’achète jamais les nôtres). On se convainc que nous appartenons à une « espèce en voie de disparition » ; on se convainc que nous sommes faits du bois des insurgés, des subversifs ; on se convainc que nous avons un poids, une densité ; on se convainc que la littérature a le pouvoir d’entailler la surface du monde. Mais l’autopersuasion ne nous réussit pas. Nous avons l’impression que nous sommes des faussaires, que nous craignons un peu. Et cette impression menace directement la haute estime que, d’habitude, nous avons de nous-mêmes.

Arrivant dans une manifestation littéraire où ils savent qu’ils seront condamnés à exister en dessous d’eux-mêmes, les auteurs élaborent des stratégies, ont recours à des expédients. Tel n’y vient qu’ivre mort, tel autre prend le parti de ne parler que de lui-même ; tel exige de ne se faire appeler que par les noms des prix qu’il a reçu, tel autre tente de violer toutes les femmes qu’il rencontre ; tel se réfugie périodiquement dans les toilettes (pour se branler, tirer de la coke ou lire Racine), tel autre tient des propos de PMU sur la culture qui vacille, l’humanisme qui sombre ou la virilité de Vladimir Poutine.

Pour ma part, j’opte pour la stratégie du pique-assiette : je m’efforce de manger et de boire le plus possible sans jamais rien payer ; c’est tantôt un apéro de bienvenue que je pille, tantôt un lecteur que je force à raquer, tantôt une bouteille que je subtilise. Cela me fait entrer, derechef, dans la catégorie des connards sympathiques. L’écrivain qui boit et mange, cela amuse, cela émeut. On me regarde avec bienveillance. On m’invite à nouveau. Le pillage est moins compromettant que le harcèlement sexuel ou la prise de méthamphétamine. Quant à l’aspect moral de la chose, rassurez-vous, vous êtes couvert : un auteur qui se déplace à ses frais pour venir travailler gratuitement a bien le droit de voler quelque chose en partant !

Quentin Mouron

 

Régulièrement, le Post de 9h20 accueillera d’autres auteurs.

Quentin Mouron a écrit 5 livres, il a une page Wikipedia et un site à son nom. Il fume des cigarettes et boit du vin (la dernière fois que je l’ai vu, il était tellement sans fond qu’on aurait dit le bouquin de Nabila). Sous un Perfecto et derrière une image de rebelle (sauf quand il joue à Sim City sur son téléphone ou lit les Pères de l’Eglise), se cache un type adorable qui ne ferait pas de mal à autre chose qu’une page blanche et à nos opinions conformistes.

Les Fastnews du 9 août

Fadeur, dépêches AFP et même pas un sujet sur les putes pour faire genre : Où est passée l’actualité ? Ce matin, sur le Post de 9h20.”

Oui, il n’y a pas grand chose dans les news. Mais on sourit en espérant que ça passe :


“Y a-t-il un chauffeur pour sauver l’avion ?”

En même temps, c’est normal, les pilotes sont tous occupés à être DANS DES AVIONS.


Quand, pour une fois, tu insistes pour que tes deux filles ne viennent pas voir ton match :


Avouez que vous ne l’aviez pas vue venir celle-là. (Désolé, il y a vraiment pas grand chose)


Les hackers du monde entier doivent trembler :

Première mesure, fermer son compte MSN (Guy_Pinard_BgDu1183_AKA_BursinsChasselasForever).


Quand ça marche 30 fois, mais que tu n’es pas dupe :


Avec les 3X plus d’aveugles, ils vont avoir des trucs à se dire à mon avis :

– Et toi, t’es devenu sourd comment ?

– Je resterai muet sur le sujet (lol)

– Je vois ce que tu veux dire (relol)


Son mari serait-il un faux sourd ?

Remarque que si elle a dit 3X oui en criant, c’est sûrement qu’ils faisaient l’amour, pas qu’ils se mariaient.


“Allez, un petit coup pour prendre des forces.”


#PetitPontageCardiaqueOKLM #CeMatinCEstVasectomiePoseeey #PassionOpération #ScalpelSVP #ChriurgienQuiPartageSaVieACoeurOuvert


On finit sur la série d’été sympa de la Tribune de Genève :

On se réjouit des prochains papiers :

“Pierre qui avance jusqu’à Berne en plantant ses dents dans le sol”

“Céline qui roule ne roule qu’en zigzag, avec le numéro du procureur déjà préparé (et aussi avec 6 pour 1′000)”

A demain !

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