Après avoir officiellement perdu 5 jours de ma vie depuis l’installation de “Tennis Clash” sur iPhone il y a 2 jours ; après avoir eu peur de ne plus me souvenir du mot de passe d’accès à ce blog ; après avoir voulu m’y mettre cette nuit, pile au moment où internet était en panne (non c’est pas vrai, je jouais à “Tennis Clash”, mais c’était pour voir si vous suiviez) ; après avoir longuement hésité à récrire bénévolement ; après avoir craint de barber le lecteur avec des phrases trop longues comme un jour sans pain, parce que la boulangerie de Simonetta Sommaruga est fermée. **Il reprend son souffle** . Bref, après tout ça : bonjour, me voilà.

C’était dur, parce qu’il est révolu, ce doux temps où ma créativité se laissait porter chaque semaine par la contrainte d’une émission à écrire pour le vendredi (Mauvaise Langue, pour les intimes). Maintenant, chaque phrase doit être sortie avec les forceps d’une motivation à trouver. Et puis, vient la question… ai-je vraiment quelque chose à dire ?

Il y a l’actu, oui. Mais non. Parce que, dimanche qui vient, je serai aux Beaux Parleurs (un excellent cru radiophonique, un peu parce que je suis dedans et beaucoup parce qu’ils me paient pour être dedans), ce qui me force à ne pas trop écrire sur les news d’ici là. Et puis ça vous intéresse, vous, les problèmes de la Vaudoise Arena (au conseil d’administration aussi solide que ses faux plafonds. On pourrait même dire que les dirigeants ne touchent pas… le puck) ? **Yéééééé, il chuchote la musique des experts et met ses lunettes de soleil dans sa cuisine. Dehors il fait gris. Il soupire et se demande si tout cela n’est pas vain.**) BREF.

Je pourrais bien vous parler de mes journées. Mais quand tu te réveilles pour écouter l’info sur La Première en buvant un verre d’eau avec du jus de citron (c’est certainement bon pour quelque chose, parce que c’est justement pas très bon), tu te dis que le mot “intéressant” a été inventé pour tes voisins de palier.
À 6h du matin, ils baisent en silence mais jouissent bruyamment (un seul “AAH”, fort et net de monsieur. Simple. Efficace. À la Denis Brogniart). Le reste de la semaine, ils s’engueulent. Leur couple ressemble plus à un syndrome de Stockholm qu’à un week-end à Venise, mais après tout chacun ses goûts en matière de voyage.

Non, le quotidien de mon côté du palier n’est pas intéressant, parce qu’il se porte à merveille : je prends des sacs en toile pour aller acheter mes légumes, c’est dire. Si tout va bien, dans 2 mois je vais au marché le samedi matin. Chier.
Il n’y a pas d’âge pour être vieux.

Je pourrais vous demander ce que vous souhaitez lire sur ce blog, mais c’est encore une combine à finir influenceur (“Vous préférez des reviews de restaurants ? Ou des recettes d’eau citronnée ?”). Et puis, j’aurais peur qu’il n’y ait qu’une seule personne qui réponde, que ce soit ma mère, et que je doive écrire sur “peut-on aimer sa maman même si on ne va la voir qu’une fois par semaine ?”

De toute façon, je ne suis pas sûr que la démocratie aide à la créativité. Ou qu’elle aide même tout court lorsqu’il s’agit de relever les grands défis de ce monde, à savoir trouver des sujets pour ce blog et des manières de régler la question climatique. Là ce qui serait efficace c’est une bonne vieille dictature pour pouvoir dire “BON, ON FAIT”, sans consulter le parlement ou la population. Mais n’en déplaise à certains candidats aux dernières élections vaudoises (qu’on ne citera pas, vu qu’ils souhaitaient rester anonymes), l’urgence s’arrête là où la démocratie commence. Ça et le fait que “la semaine prochaine c’est les relâches, alors je vais pas pouvoir finir le préavis parce qu’avec Claire, on va voir les châteaux de Bavière et puis après il y a l’Ascension, Pentecôte et les vacances d’été.” Ah, si on avait su que les acquis sociaux permettraient au capitalisme de polluer un moment de plus, la gauche aurait été de droite, et inversement.
Je vous le disais, il n’y a pas d’âge pour être vieux (et de droite).

Donc “BON, ON FAIT”. On écrit, on y va. On fait un et on verra bien ce que nous réservera le suivant. On fait, même sans avoir de titre vraiment pertinent ni même de fin très convainca.