de Benjamin Décosterd, (initialement) pour se lever à 8h20

Si on gagne…

C’est ce que je me disais depuis quelques jours déjà. Si on gagne, trois mots un peu fous, ou pas tant que ça. Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que, ce matin, le café a encore un arrière-goût de bière et de copeaux de cordes vocales.

Soyons clair, ce si on gagne, ce n’est pas un « JE VOUS L’AVAIS DIT ».
Si on gagne c’est le refus de croire que le foot n’est qu’un sport. C’est aussi le sentiment que l’on ne peut pas programmer une défaite.

Si on gagne, c’est ce qui m’a fait acheter le maillot de l’équipe de Suisse, samedi, dans les rayons du SportXX d’Aigle (ne soyez pas jaloux de mes week-ends). L’impression qu’il faudrait l’avoir, ce maillot, avant que ce soit cool ou historique.

Mais quand on regarde le match d’hier (et quel match, putain !), ce n’est finalement pas si surprenant. Bien sûr, à 3-1, on a arrêté d’y croire. Mais rétrospectivement, on peut aussi se dire qu’il y avait des signes que ça allait finir ainsi. Les duels aériens gagnés par les Suisses en phase offensive. La capacité à casser les lignes avec des passes verticales. Il y avait (de) la place.

Surtout que la France ne fait pas l’Euro qu’elle doit faire. Ou que tout le monde pense qu’elle doit faire.

Et de l’autre côté… des morts de faim. Akanji, Xhaka, Widmer ! Widmer face à Mbappé… Le type joue au FC Bâle, l’autre au PSG. À ce niveau-là, ce n’est quasiment plus le même sport. Et pourtant.

Alors, après avoir fait peur aux Bleus pendant 56 minutes, ça ne pouvait pas finir autrement. Les Français arrivaient trop tard. Le but du 3-3 en est la preuve, parce que cette action n’a pas commencé après 89 minutes et 36 secondes de jeu.

Elle a commencé en 2006, juste après la séance de tirs au but contre l’Ukraine.
Elle a commencé en 2008, à la dernière place du groupe A.
Elle a commencé après le 0-0 face au Honduras en 2010.
Elle a commencé contre le poteau de Sao Paolo en 2014.
Elle a commencé à 6 mètres trop à gauche du but polonais, aux penalties de 2016.
Elle a commencé face à la Suède en 2018.

Vous choisissez, mais les Français arrivaient trop tard. On n’arrête pas une action qui a commencé il y a 15 ans. 89 minutes et 40 secondes, Xhaka élimine trois défenseurs et des années de frustrations avec sa passe en profondeur. Trois secondes plus tard, Gavranovic crochète Kimpembe, qui a 15 ans de retard. Gavranovic peut ensuite marquer, presque tranquillement.

Les cris de joie de Lemos (quel match, lui aussi !) sont trompeurs. Regardez le but sans le son:

Ce n’est pas un but d’une équipe qui – à la dernière minute – est menée par les champions du monde. C’est un but d’une équipe qui sait que le vent a tourné. Elle a trop fait trembler le favori pour qu’il en soit encore un. La Suisse ne peut plus perdre.

Le reste n’est que la suite logique de ce constat. Le calme de Sommer qui attend de voir si son arrêt décisif est validé… Personne ne fait ça face à des champions du monde. Sommer oui. Certainement parce qu’il sait que – même s’il fallait retirer 1’000 fois ce penalty – la Suisse n’allait pas perdre.

Alors, il peut enfin déployer ses bras, comme d’immenses ailes. Sommer n’est pas un gardien, c’est un ange. Il s’envole vers le match de vendredi.

Et là, imaginez si on (re)gagne…

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Les Beaux Parleurs – 20 juin

  1. FonF

    si on (re)gagne ? mais Ben, “p’tit Ben” comme on disait au bwxx, ce match il a commencé y’a 27 ans; le 2 juillet 1994, à Washington; d’ailleurs y’a même un certain Luis Enrique qui avait marqué ce jour là; alors moi, je vois vraiment pas ce qui peut ou pourrait merder

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